Archive pour la catégorie ‘Quotidien’

Spectatrice de son destin

Apprendre après de longues heures de sommeil artificiel que notre espérance de vie n’est plus qu’un assemblage de lettres sur un bout de papier, ne peut laisser aucun humain indifférent et une sirène n’échappe pas au reflux des émotions engendrées par ce chavirement de son destin vers de nouvelles contrées.

Les couleurs, les sons, le parfum des roses, les rayons du soleil dans l’aube naissante, la lumière de la pleine lune sur la lande, les sourires contraints et les éclats de rire francs, les petites misères des uns et les pertes d’êtres chers des autres, ne résonnent plus dans le maelström des vagues de la vie sur le même tempo.

Des mois à chercher l’harmonie nécessaire pour que, dans un semblant de paix, les minutes et les heures puissent s’écouler moins douloureusement, ont épuisé les forces d’une volonté qui  a vu, en un battement de scalpel, toutes les batailles remportées par le passé pour construire le futur se ranger dans le livre des souvenirs.

Regarder le spectacle que le destin a décidé de lui offrir afin de mieux en appréhender chaque nuance, pour tenter de trouver encore une place dans ce monde de l’image et du paraître est une étape que la sirène traverse en se laissant transporter dans un navire d’amour et de passion. Ses mousses ont repris les rames qu’elle a abandonnées et un nouveau capitaine s’obstine à garder le cap vers l’avenir qu’il ne conçoit plus sans elle.

Ensemble ils naviguent au gré des vents, estompant les orages de leurs sourires, abaissant le tumulte d’Eole par leur constante présence, se relayant pour ne pas la laisser se perdre au milieu des récifs du quotidien.

Il faut un temps à chaque chose et quand le temps n’existe plus, alors simplement changer d’unité de mesure et observer avec un nouveau regard le sablier du temps s’écouler sans fin.

Spectatrice

Sortie de l’adolescence, plongée dans la vie d’adulte, pouvoir  faire ses choix et agir selon ses souhaits pour avancer : une vraie motivation pour cheminer dans les arcanes du quotidien.

Se marier, avoir des enfants et tenter de les élever selon son cœur, être contrecarrée avant d’être rejetée et se retrouver seule avec eux : une vraie motivation pour aider ses enfants à grandir et devenir adultes.

Faire une rencontre imprévue, traverser l’hexagone, monter un projet professionnel  à long terme et ne pas partager la même volonté de construire et de sauvegarder son couple : une vraie motivation pour tout remettre en question.

Repositionner tous les éléments et accepter de se laisser  prendre par la main et guidée vers demain aurait pu être le moteur d’une nouvelle vie, mais la maladie est arrivée et a fait basculer la valide vers l’invalide.

Se raccrocher à des valeurs et des notions d’une époque romantique désuète pour tenter d’exister encore un peu n’apporte que souffrances et déceptions aux personnes aimées.

Alors il est temps de regarder les choses en face et d’accepter de ne plus être actrice mais simplement spectatrice…

Un comptoir … un café … et … l’espoir

comptoir cafe

Samedi matin
Temps de crachin
Pour l’ouverture
A toute allure
Je me prépare
J’y cours dare-dare.
Va-t-elle me voir
Derrière son comptoir ?
Enfin je respire,
Voilà son sourire.
Lui offrir un café
Un moment d’éternité.
Capter ses yeux
Ils sont si bleus
Me noyer dedans
Me voir son amant
Rêve illusoire
Désirer sans espoir.
Lui apporter des œufs
Selon ses vœux
Avoir un baiser
Chaste et léger
M’en contenter
Pour la journée.

Hommage

Aujourd’hui, un texte que j’ai écrit il y a près de deux ans maintenant. J’allais sur un site et il y avait chaque mois un texte que l’on pouvait écrire selon un thème avec un certain nombre de mots à inclure.

Nous étions en septembre et la rentrée scolaire battait son plein. D’autres auteurs avaient déjà publié le leur et j’essayais de trouver quelque chose de différent. J’avais un merveilleux compagnon à quatre pattes qui ne me quittait pas d’une semelle (comme on dit) et il m’a donné l’idée de ces lignes. Même deux ans après son départ, les larmes coulent encore quand je repense à lui.

Je te dédie ces mots, à toi qui est parti beaucoup trop tôt …  tu avais à peine plus de deux ans …


Petit déjeuner tardif comme tous les matins. Depuis le début des vacances, c’est le relâchement des horaires, ils en profitent un maximum.
Après une demi-heure de dessins animés, ils courent s’habiller vite fait, bien fait et hop dehors ! Je les suis avec plaisir.
Mais,  aujourd’hui, pas de jardin !
Ils restent  dans leur chambre.
Ils commencent  le carnage des emballages de cahiers, des sachets de stylos cristal, de classeurs et autres fournitures. Ca tombe de tous les côtés. Non, mais quel bazar ! Bon allez, je vais boire un petit coup en attendant que cela se calme.
Je me recueille au calme dans mon fauteuil. C’est que je n’ai plus vingt ans et ma carcasse vieillissante a besoin régulièrement de repos.
Ah ! Non ! Voilà qu’ils ont retrouvé leurs avions en papier de leur fin d’année scolaire. Tous aux abris !
Ils crient, sautent dans tous les sens, se suspendent au portique de la balançoire, j’ai toujours peur qu’ils tombent, même si on dit «  Etre pendu par les pieds ça fait circuler le sang », il y a des limites…
Le moment d’excitation passé, je sens un malaise s’installer. Je récapitule les évènements. Tout concorde. J’en devine l’origine : c’est la rentrée scolaire !
Finis les repas sans horaire, retour du réveil cinq jours par semaine. Finies les balades quotidiennes dans la campagne.
Allez, une dernière gratouille derrière l’oreille, un dernier petit tour dans mon panier, et une bonne sieste !
Ah ! Quelle vie de chien !

Une star automnale

Quelle belle journée pour naître ! Un peu plus de chaleur que ces derniers jours. Une humidité douillette comme un lit de mousse. Un rayon de soleil, un peu taquin, vient doucement caresser mon chapeau.

Je penche un peu la tête. Oh ! Pas trop ! Juste ce qu’il faut. Je ne voudrais pas, que ma jolie ligne perde ses courbures si élégantes. Le galbe de mon pied est parfait pour venir se loger dans une main curieuse.

Ouille ! Aïe ! Eh… arrêtez messieurs les gastéropodes. Je vous en prie ! J’étais si beau, intact. J’attends son passage. Bien installé sur le talus, au milieu de quelques feuilles mortes et de fougères paresseusement posées ça et là, son regard ne peux m’ignorer.
Les heures passent, défilent, la nuit couche la campagne environnante et je soupire.

Peut-être demain ?

Les chevaux du char de Phébus ont bien du mal à quitter l’écurie ce matin. Ils sont gênés par Eole en colère qui souffle la pluie par bourrasques. Osera-t-elle sortir ? Allongera-t-elle le pas sur ce sentier de randonnée ? Sera-t-elle seule ou accompagnée ? Me remarquera-t-elle ?

Les heures passent, défilent, le vent s’apaise, l’astre solaire écarte les nuages et se faufile éclairant le chemin, faisant miroiter les gouttes d’eau éparpillées  comme autant de diamants. Le sol tremble légèrement. Une galopade. Un superbe spécimen de la race canine, tout de blanc vêtu. Le poil long, le panache fièrement dressé, car il précède un couple d’amoureux  … de la nature.

Je n’ose pas y croire.

C’est elle ! Ses pas l’amènent droit vers moi. Je ne bouge, ni ne frémis. Son compagnon, approche sa main. Il semble vouloir me cueillir. Oh, non ! S’il te plaît. Laisse-moi encore m’offrir à son regard si bleu. Quelques mots, doux comme une caresse, lui font changer d’avis. Comment résister à ces sonorités si féminines?

De sa poche, elle sort un objet noir, le dirige vers moi, un éclair de lumière. Et me voici, à tout jamais dans son album. Parmi ses trésors de curiosités qu’elle photographie à chacune de ses longues marches à pieds.

Elle repart. Quand elle reviendra, je ne serais plus là. Ramassé par un gourmand, sans doute. Mais, peu m’importe, dans ses souvenirs je resterais.

balade

Quelques mots inspirés par cette photo prise, un dimanche … et une musique d’Era Classics : Arising Force

Alternative

Les jours se suivent et se ressemblent, monotonie entrecoupée de quelques moments de joies fugaces, de plaisirs éphémères qui laissent un goût d’inachevé, de trop peu, de trop rare.

Parfois, une amitié naissante donne l’espoir d’un futur coloré d’échanges joyeux, fidèles. Mais, le temps vous montre peu à peu que vous n’étiez une fois de plus qu’un amusement passager, qu’elle est repartie ailleurs, vers d’anciennes connaissances.
Vous retrouvez, donc, votre vieille amie, la solitude. Elle ne vous décevra jamais mais est-ce une alternative raisonnable ?

Allez vous abandonner votre espoir un peu fou de trouver un jour un alter ego, au caractère aussi entier, aussi sincère, généreux et sensible que vous ? Prendre une décision après une période d’indécision. Peut-être simplement se laisser porter par le destin. Ne rien brusquer. Savoir attendre. Laisser la porte entrouverte. Répondre quand on frappe. Ne pas trop s’ouvrir. Essayer de ne pas à nouveau trop se donner. Tenter encore une fois. Tout doucement.

Laisser son esprit vagabonder. Flotter devant cette approche nouvelle.
Puis se lever de sa chaise, sans même terminer la phrase que l’on est train d’écrire avec le clavier, sans même éteindre la lumière, sans dire au revoir, à qui, à quoi. Juste attraper une veste, ouvrir la porte, ne pas la refermer, respirer à plein poumon l’air léger, frais, de la liberté de ne plus exister, de ne plus sentir le poids du quotidien, simplement ETRE.

Avancer un pas après l’autre. Libre des contraintes des horaires, des obligations de toutes sortes. Libre d’aller sans faire de différence entre la route et le trottoir. Libre jusqu’à ce qu’un bruit de moteur nous ramène brutalement dans la réalité de notre existence liée envers et contre tout aux autres…

Alors à ce moment là penser à toi qui aurait pu être là à mes côtés pour partager ce moment hors du temps, sans un mot, juste un simple regard pour être libre mais pas seul.

Voici un texte que j’ai écrit dans une autre vie. Depuis, le destin m’a choisi une autre route. Un peu plus d’un an après cette bifurcation radicale, je relis mes mots et je me souviens … et, aujourd’hui, je regarde mon passé différemment, comme s’il appartenait à quelqu’un d’autre.

Dois-je regretter ce qui n’est plus? Ou bien, dois-je relativiser et aller de l’avant? J’oscille entre les deux, car si j’ai changé, les personnes qui gravitent autour de moi, sont toujours là. Elles m’ont accompagnées dans cette épreuve et continuent à le faire chaque jour lorsque les effets secondaires m’handicapent. Je ne pense plus « jusqu’à quand » car « quand » n’existe plus. Je pense « que faire pour donner encore pendant que le sablier du temps s’écoule toujours pour moi ».

L’album d’Era Classics vient de sortir et est propice au rêve et à l’imagination.
Un titre pour ces quelques lignes : Sombre day

Une survivante

Après bien des années à avoir grandi parmi les hommes et sous la poigne d’une femme, j’ai, un jour, après la descente aux enfers de mon âme, secoué mes chaînes et pris mon envol pour un autre monde.

Un monde qui me correspondait.

Un monde dans lequel je riais sans fard et sans hypocrisie.

Un monde dans lequel mes enfants ont grandit à leur tour, soleils de mes nuits.

Un monde dans lequel je me croyais bien éloignée de l’échéance de ma vie.

Et pourtant !

Nul n’est à l’abri des aléas de la nature et le destin avait décidé de me soumettre à une nouvelle épreuve. Un crabe s’était insidieusement logé dans un coin de mon corps et s’y était développé.

Incrédulité, stupeur, choc, … comment était-ce possible alors que j’avais, comme tous, écouté les conseils et les avait suivi afin qu’il ne trouve aucune raison de surgir ainsi et de remettre en question :  TOUT !

L’impression de basculer de l’autre côté d’une barrière que je ne voyais pas quand l’avenir avait un goût d’éternité.

Les mois ont passé. Toute l’énergie, que le poison que l’on injectait régulièrement dans mes veines pour tuer la mort me laissait, tendue vers un seul but : SURVIVRE !
Survivre pour qui ? Pour quoi ? Survivre comment ? Survivre malgré la mutilation ? Tant de questions, autant de désespoirs. Et encore et toujours, les sentiments profonds des personnes à mes côtés pour m’empêcher de plonger, de me noyer.

Petit à petit, la vie reprend le chemin de mon corps. Les effets du poison s’effacent lentement. Mais :

Mon âme ne navigue plus dans les mêmes eaux.

Le paysage n’a plus les mêmes couleurs.

Le chemin ne suit plus le même tracé.

L’avenir c’est demain et l’éternité, hier.

Chaque matin, quand j’ouvre les yeux après une nuit peuplée de cauchemars, de veille macabre, de chaleur artificielle m’emportant dans les brumes de l’inconscience, je cherche la chaleur de la vie et d’un cœur qui jamais ne renonce à faire battre le mien à son diapason.

Je survis pour les miens, pour finir ce que j’ai commencé, parce que renoncer c’est offrir à la maladie ce qu’elle veut, renoncer c’est renier mon passé, renoncer c’est ne plus aimer.

Alors vaille que vaille, j’avance, tête haute, couronne grisonnante, étendard de ma bataille, buste droit, ne cachant rien des mutilations de mon combat.

Il n’y a pas de victoire, juste une armistice.

Mais, tant qu’il y a de l’amour, il y a de l’espoir.

une survivante

Vous qui avez lu ces lignes, essayez de les relire sur la musique qui les a guidées au bout de mes doigts : Beyonce : If I were a boy : http://www.youtube.com/watch?v=BVTyLqkez6A

La formule 1 en portée …

F1

Le spectacle, la compétition. Chacun à sa manière nous emporte à son rythme.

Un chaud soleil sur le circuit, des lustres qui illuminent la salle, les monoplaces s’alignent dans les stands colorés, les partitions s’ouvrent devant les musiciens.

Le vrombissement des moteurs atmosphériques à quatre temps met nos tympans à rude épreuve, le réglage des dissonances agace notre ouïe.

Lorsqu’enfin les mécaniciens ont accordé les moteurs,  lorsqu’enfin le métronome fait régner  l’harmonie, les bolides aérodynamiques se placent sur la ligne de départ, les regards des artistes sur la clef de sol.

Le drapeau vert est brandi, la baguette du chef d’orchestre est levée.

Les bolides s’élancent sur la piste, les instruments entament une symphonie.

Accélération, allegro. Enchainement des vitesses, les cylindrées rugissent, combinaison de croches, double croches, trilles, les notes s’envolent.
Ralentissement avant le virage, andante avant la demi-pause. Transmission, vitesses, ré accélération, blanche, noire, noire, triple croche, c’est reparti.

Les pilotes transpirent concentrés sur le ruban qui se déroule sans fin, les spectateurs palpitent enroulés par le tempo.

Mes yeux vont et viennent entre les deux écrans, mes oreilles captent tantôt les sons de l’électronique, tantôt la fluidité des hautbois.

L’enjeu de la compétition échauffe mon sens de la conquête, le crescendo final de la partition coule comme un torrent de lave dans mes veines.

Je me laisse emporter loin, très loin vers un autre univers. Les notes s’échappent de la portée, viennent se poser doucement sur mon corps, le conducteur sort de son véhicule approche, d’une légère caresse fait s’envoler les importunes.

Drapeau à damier, fin des essais, dièse, altération.

Conséquences

conséquences

La femme qui ne voulait plus être aimée
Car son corps n’était plus celui qui était né.
L’image que son miroir désormais lui renvoyait
N’était plus elle, plus rien, et demeurerait ainsi à jamais.

Ses nuits de cauchemars étaient peuplées
De noirceurs mêlées de vérités,
Se déguiser avec des artifices pour tricher
Alors que la réalité ne fait plus rêver.

Elle erre dans les rues, traversant la foule bigarrée
Quand ses vêtements s’envolent loin dans les nuées.
Apeurée, son monstrueux secret ainsi dévoilé
Dans un grand concert d’éclats de rires, elle est huée.

Comment marcher la tête haute avec le crâne dénudé
Foulards ou chapeaux ne le cachant qu’à moitié ?
Comment accepter de faire subir aux êtres aimés
De rester avec celle qu’ils ont connue dans le passé ?

Elle leur porte un amour et une amitié
Tels qu’elle se refuse à leur imposer
Son quotidien si différent à partager,
Ses cicatrices dessinant un corps étranger.

Point de tristesse ou de mélancolie ressenties
Juste les conséquences d’un combat âprement mené
Contre un ennemi dans l’ombre insidieusement tapi
Auquel une part d’elle-même, elle a abandonné.







Vous qui avez lu ces lignes, essayez de les relire sur la musique qui les a guidées au bout de mes doigts : Calogero feat Grand Corps Malade : L’ombre et la Lumière : http://www.youtube.com/watch?v=5dYgv3ZOMno

Passé – Futur

coucherdesoleil




Une page se termine, une autre se remplit

Telle se déroule toutes les vies.

Ainsi dit-on souvent, mais est-ce facile à écrire ?

Lorsque d’un seul mot, on risque de déclencher l’ire.


Après avoir abandonné tous les projets élaborés

Réussir à reconstruire perspectives et espoirs.

Un quotidien différent est à appréhender

Sans sombrer dans le désespoir.


Mais comment ne pas regarder en arrière ?

Comment réussir à n’aller que de l’avant ?

Laisser son passé définitivement derrière,

Et ouvrir les yeux sur un nouveau présent.


Accepter les mains qui se tendent vers nous

Faire confiance à l’amour et à l’amitié.

S’écouter un peu, parfois beaucoup

Et construire l’avenir en toute simplicité.


Vous qui avez lu ces lignes, essayez de les relire sur la musique qui les a guidées au bout de mes doigts : Revolver : Get around Town  : http://www.youtube.com/watch?v=Nt9EYSpzlTg&feature=related

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