Apprendre après de longues heures de sommeil artificiel que notre espérance de vie n’est plus qu’un assemblage de lettres sur un bout de papier, ne peut laisser aucun humain indifférent et une sirène n’échappe pas au reflux des émotions engendrées par ce chavirement de son destin vers de nouvelles contrées.
Les couleurs, les sons, le parfum des roses, les rayons du soleil dans l’aube naissante, la lumière de la pleine lune sur la lande, les sourires contraints et les éclats de rire francs, les petites misères des uns et les pertes d’êtres chers des autres, ne résonnent plus dans le maelström des vagues de la vie sur le même tempo.
Des mois à chercher l’harmonie nécessaire pour que, dans un semblant de paix, les minutes et les heures puissent s’écouler moins douloureusement, ont épuisé les forces d’une volonté qui a vu, en un battement de scalpel, toutes les batailles remportées par le passé pour construire le futur se ranger dans le livre des souvenirs.
Regarder le spectacle que le destin a décidé de lui offrir afin de mieux en appréhender chaque nuance, pour tenter de trouver encore une place dans ce monde de l’image et du paraître est une étape que la sirène traverse en se laissant transporter dans un navire d’amour et de passion. Ses mousses ont repris les rames qu’elle a abandonnées et un nouveau capitaine s’obstine à garder le cap vers l’avenir qu’il ne conçoit plus sans elle.
Ensemble ils naviguent au gré des vents, estompant les orages de leurs sourires, abaissant le tumulte d’Eole par leur constante présence, se relayant pour ne pas la laisser se perdre au milieu des récifs du quotidien.
Il faut un temps à chaque chose et quand le temps n’existe plus, alors simplement changer d’unité de mesure et observer avec un nouveau regard le sablier du temps s’écouler sans fin.
Une nouvelle vie s’offre à toi enfin,
Après toutes les blessures du destin.
Ensemble il nous faut nous tourner vers l’avenir,
Faire table rase de ce passé pour mieux rebâtir.
Rien ne viendra entraver mon entêtement,
A t’emmener avec moi vers le firmament,
D’une fusion qui emporte nos corps et nos esprits,
Vers un monde que rien n’y personne ne décrit.
Les valeurs du temps ont à présent changées,
Sans hésitations il faut ensemble dévorer,
Ce que le destin ne peut nous voler,
Ce que personne ne peut convoiter.
Ta main dans la mienne à jamais unies,
Brûlons chaque seconde de nos vies,
Sur l’âtre flambloyant de notre passion,
Qui nous apporte tant de doux frissons.