Artisan de son plaisir … suite…
Bonjour,
vous avez été plusieurs à me demander une suite à l’un de mes textes érotiques : Artisan de son plaisir. J’ai beaucoup hésité, longtemps ma muse s’est refusée à glisser les mots le long de ma plume et puis, un soir, elle s’est décidée. Voici :
Mon souffle précipité par cet immense désir qui monte en moi, auréole la vitre d’une buée qui vient obscurcir mon champ de vision. Perdu dans ce rêve éveillé, je me déplace sans précaution, heurte un pot de fleurs du bout de ma chaussure. Un bruit sec se répercute dans le silence de la nuit stoppant net ses gestes. Mon cœur s’affole quand sa tête se tourne vers moi. Mes jambes refusent de bouger. Je veux fuir, me maudis de mon étourderie, j’aimerais revenir en arrière, je forme le vœu d’être invisible, mais quand ses yeux rencontrent les miens, mes pensées se figent.
Même à cette distance, l’intensité de son regard bleu est telle que plus rien d’autre n’existe. Elle s’avance à petit pas vers moi. Ses hanches se balancent tranquillement. Ses longs cheveux sont ramassés d’un seul côté de son cou et sa tête légèrement penchée dégageant sa nuque, des fourmillements viennent picoter mes lèvres d’une envie de se poser sur cette peau nue.
Elle est juste devant moi, seule la grande baie vitrée nous sépare. Je ne remarque même pas sa main qui s’est, très certainement, avancée pour l’ouvrir. Je sens à peine ses doigts s’emparer des miens. Je suis surpris par leur douceur et leur chaleur. Un long frisson parcourt mon dos. Je secoue les épaules et me laisse guider à l’intérieur.
J’entends à peine le glissement de la fenêtre qu’elle referme. Je la suis vers un canapé d’angle que je n’avais pas remarqué. Un immense drap de bain ivoire le recouvre. Je me retourne vers elle et l’appel de son regard me ramène à l’instant présent pour mieux m’emmener vers les contrées inexplorées d’un coup de foudre passionné.
Sa taille se cambre légèrement quand mes mains la prennent. Sa tête se penche en arrière et je dévore de baisers son cou offert. Je sens ses doigts dénouer la ceinture de ma veste, déboutonner ma chemise, détacher ma ceinture. Je l’aide sans jamais vraiment la lâcher, comme si elle risquait de disparaître aussi soudainement qu’elle m’était apparue.
Nos deux corps dénudés se couchent lentement l’un près de l’autre. Mon désir dressé est caressé par des doigts agiles qui sont bientôt rejoint par une bouche avide et des râles s’échappent de mes lèvres. Mes doigts se glissent dans sa magnifique chevelure, s’y agrippent, elle secoue la tête, comme un jeu. Mon excitation est à son comble. J’agrippe ses hanches et elle vient me chevaucher, telle une sirène sur les vagues déchaînées.
Nos regards se rejoignent et ne se quittent plus.
Ses gémissements accompagnent mes râles comme une symphonie orchestrée par le plus grand magicien : celui de l’amour de deux êtres que rien ne destinait à se rencontrer. Elle est si belle sous l’emprise du plaisir que je mets toute mon énergie à l’emmener encore et encore vers d’autres cieux.
Quand enfin, je me laisse aller et la rejoins dans un dernier envol passionné, je sais que je suis enfin au bout de ma route. J’ai, enfin, trouvé un but à cette vie erratique : je serais, désormais, l’artisan de son plaisir … de ses plaisirs … pour notre plaisir.